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Réadaptation cardiaque


 

 

 

Définition


  • La réadaptation cardiaque est une procédure réalisée en milieu spécialisé ayant pour objectif de restaurer ou d’augmenter les capacités physiques d’un patient présentant une maladie cardiovasculaire et de diminuer le risque cardiovasculaire. Elle repose sur un ensemble d’éléments dont le réentraînement à l’effort est une partie essentielle.

  • Selon la définition de l’Organisation Mondiale de la Santé, la réadaptation cardiaque est « l’ensemble des activités nécessaires pour influencer favorablement le processus évolutif de la maladie cardiovasculaire ainsi que pour assurer aux patients la meilleure condition physique, mentale et sociale possible afin qu’ils puissent par leurs propres efforts préserver ou reprendre une place aussi normale que possible dans la vie de la communauté ».

Objectifs : A quoi ça sert ?


  • Les objectifs de la réadaptation cardiaque sont donc de permettre au patient ayant présenté un accident cardiaque (un infarctus par exemple) ou ayant bénéficié d’une opération (le remplacement d’une valve cardiaque ou des pontages coronaires par exemple) de récupérer ses capacités antérieures.

  • Le but est d’améliorer cette capacité et de permettre aux personnes de mettre en place une activité physique régulière, renforçant l’endurance pour préserver leur santé.

  • L’éducation thérapeutique permettra la collaboration entre l’équipe médicale et le patient lui-même afin d’obtenir une prise en charge optimale des traitements et des facteurs de risque.

Principes et description : Comment ça se passe en pratique ?


  • L’élément essentiel de la réadaptation cardiaque est basé sur un réentraînement musculaire. Il s’agit à la fois d’un entraînement à type de renforcement musculaire et surtout d’un entraînement global en endurance. En effet il a été montré que la pratique régulière d’une activité physique en endurance améliorait très nettement le pronostic cardiovasculaire en diminuant la progression de la maladie et le risque de survenue d’une complication grave. Ce réentraînement est bien sûr indiqué pour des patients venant d’être opérés d’une maladie cardiaque ou après un infarctus. L’amélioration de la capacité physique sera d’autant plus importante que le déconditionnement initial était important.
  • La réadaptation cardiaque ne se résume toutefois pas au réentraînement mais comporte d’autres dimensions avec notamment une prise en charge psychologique, sociale et professionnelle. La plupart des patients bénéficieront de ce que l’on appelle une procédure d’éducation thérapeutique dont l’objectif est de leur transmettre une connaissance de leur maladie cardiaque, de leurs traitements et surtout la capacité de prendre en charge leurs facteurs de risques (tabac, diabète, hypercholestérolémie, hypertension artérielle, obésité, sédentarité, …) dont la maîtrise est essentielle. C’est particulièrement vrai pour les patients présentant une maladie athéromateuse des artères coronaires ou une insuffisance cardiaque.
  • En fin de procédure de réadaptation, les patients qui ont une activité professionnelle pourront bénéficier d’une évaluation spécifique permettant de juger de leur aptitude à reprendre cette activité ou bien une activité adaptée.

Qui relève d’une réadaptation cardiaque ?


  • Cette procédure est proposée soit au cours d’une hospitalisation durant environ 3 semaines soit sur un mode ambulatoire pour une vingtaine de séances habituellement.

  • Elle est presque systématiquement proposée aux patients présentant une maladie coronaire et ayant fait un infarctus ou ayant bénéficié d’un pontage cardiaque mais elle peut, en fait, être proposée à tous les patients présentant une maladie coronaire, quel que soit le stade de découverte.

  • Elle est de plus en plus souvent proposée aux patients présentant une insuffisance cardiaque quelle qu’en soit l’origine, dans la mesure où on a montré une amélioration de la qualité de vie, de la récidive des épisodes de dégradation et des complications sévères.

  • Elle est également fréquemment réalisée par les patients ayant bénéficié d’une chirurgie des valves qu’il s’agisse d’une réparation ou d’un remplacement.

  • Enfin elle est systématique pour les transplantés cardiaques.

MALADIE ATHEROMATEUSE CORONAIRE

L’athérome, aussi appelé athérosclérose ou artériosclérose, est une maladie qui consiste en une infiltration progressive de la paroi des vaisseaux par des plaques d’athérome. Ces plaques d’athérome sont constituées par des dépôts de graisse mais aussi de cellules et de calcaire. Les plaques comportent du cholestérol et notamment du mauvais cholestérol, c’est-à-dire du LDL cholestérol. C’est cette maladie qui est responsable de l’insuffisance coronaire par le fait qu’elle aboutit à un rétrécissement des vaisseaux. Cela peut conduire à l’angine de poitrine si le sang ne passe pas suffisamment à l’effort. 
L’infarctus du myocarde (le muscle cardiaque) consiste en une occlusion d’une artère coronaire (les artères de cœur) en raison de l’athérome. Il y a, au moment ou le vaisseau se bouche, constitution d’un thrombus c’est-à-dire d’un caillot composé notamment de plaquettes qui sont des petits éléments sanguins participants à la coagulation. En cas d’infarctus ou de plaque d’athérome importante on peut réaliser une procédure d’angioplastie, c’est-à-dire que par l’intermédiaire d’un cathéter (tuyau en plastique), on remonte depuis une artère périphérique (souvent l’artère fémorale) vers le cœur. Ceci permettra de dilater la zone rétrécie avec ou sans mise en place d’un petit « ressort » métallique que l’on appelle un stent. Dans certains cas, en particulier lorsque l’angioplastie n’est pas possible on réalisera une opération à type de pontage permettant d’amener du sang, par des artères ou des veines, au-delà des zones très rétrécies des artères coronaires.
 C’est cette même maladie qui est responsable de l’artérite au niveau des membres inférieurs et aussi de l’atteinte des vaisseaux du cou. Ceux-ci amènent le sang au cerveau et il peut donc se produire ce que l’on appelle communément une « attaque cérébrale » qui se traduit souvent par une hémiplégie c’est-à-dire la paralysie d’une moitié du corps avec difficulté de parole.
Les facteurs de risque de la maladie athéromateuse sont bien connus. Il s’agit principalement du tabac et du diabète. D’autres facteurs concourent à l’athérome comme l’hypercholestérolémie, l’hypertension artérielle, l’obésité ou la sédentarité.
 Il est donc essentiel de prendre en compte ces facteurs de risque car si on ne les maîtrise pas, la maladie athéromateuse continuera à évoluer malgré le fait qu’on ait pu réaliser des pontages ou des dilatations des artères coronaires.

MALADIE VALVULAIRE

 Les valves cardiaques sont au nombre de 4, la valve aortique à la sortie du cœur entre le ventricule gauche et l’aorte, la valve mitrale entre l’oreillette gauche et le ventricule gauche, la valve pulmonaire entre le ventricule droit et l’artère pulmonaire et la valve tricuspide entre l’oreillette droite et le ventricule droit. Ces valves sont des éléments constitués de valvules. Leur fonction est de s’ouvrir complètement pour laisser passer le sang puis de se refermer afin d’empêcher que le sang ne reflue. 
 Les maladies des valves peuvent aboutir soit à un rétrécissement c’est-à-dire que la valve ne s’ouvre pas de façon satisfaisante soit à une fuite c’est-à-dire qu’elle ne se ferme pas de façon étanche. Selon les valves les conséquences au niveau du cœur seront variables mais cela aboutira dans les cas sévères à perturber la fonction cardiaque, avec à terme une insuffisance cardiaque. C’est la raison pour laquelle il peut être parfois nécessaire d’opérer soit pour réparer la valve (on appelle ce geste une valvuloplastie) soit pour remplacer la valve en mettant alors en place une prothèse qui sera soit mécanique (en acier et en carbone) soit biologique. Le plus souvent l’existence d’une anomalie valvulaire ou la présence d’une prothèse justifiera des précautions vis à vis des infections et notamment des infections dentaires avec un suivi particulier ce qui est à préciser par le cardiologue traitant.
 En cas de prothèse mécanique la prise à vie d’un traitement anticoagulant par anti-vitamines K est indispensable. Ces médicaments diminuent le risque de constitution d’un caillot au niveau de la valve. Des précautions doivent être prises pour éviter les interactions avec d’autres médicaments. 
 On doit aussi prendre des précautions sur le plan alimentaire afin d’éviter des apports trop importants de vitamine K.
 

INSUFFISANCE CARDIAQUE 

 L’insuffisance cardiaque est un état anormal dans lequel la fonction du cœur est insuffisante pour assurer les besoins de l’organisme. Cette insuffisance cardiaque est causée par une altération de la fonction du cœur. Il s’agit le plus souvent d’un défaut de contraction du cœur. Il peut aussi parfois s’agir d’un défaut de remplissage de celui-ci.
 Le défaut de contraction du cœur touche généralement essentiellement le ventricule gauche qui est le « moteur » principal du cœur mais le ventricule droit peut être touché lui aussi. L’atteinte de la fonction cardiaque peut avoir différentes origines. Il peut s’agir d’une maladie intrinsèque du muscle cardiaque, d’un effet toxique d’une substance ou de certains traitements ou encore de l’évolution d’une maladie valvulaire. Toutefois, dans les cas les plus fréquents il s’agit de conséquences de la maladie athéromateuse coronaire. En effet, s’il y a eu un ou plusieurs infarctus, qui correspondent à une destruction des cellules myocardiques, il y a alors une altération de la capacité de contraction du cœur et une diminution de la fraction d’éjection du ventricule gauche (quantité de sang éjecté par le ventricule gauche à chaque contraction). Au début de la maladie le cœur s’adapte en se dilatant et/ou en s’épaississant mais c’est lorsqu’il ne parvient plus à compenser que l’on parle d’insuffisance cardiaque.
 Cette maladie peut se manifester par différents signes mais il y a presque toujours une fatigabilité et un essoufflement à l’effort. Souvent aussi il y a un gonflement, un œdème des jambes voire une dilatation du foie ou même un œdème pulmonaire. Les patients présentant une insuffisance cardiaque doivent prendre un traitement adapté au long cours qu’ils doivent parfaitement connaître. Ils doivent surveiller leur poids, car il y a pratiquement toujours dans l’insuffisance cardiaque, une tendance à la surcharge en eau et en sel. Le régime devra donc être adapté avec une maîtrise à la fois de l’apport de sel et d’eau.

 La pratique de l’activité physique régulière permet d’améliorer considérablement la qualité de vie et la capacité des patients présentant une insuffisance cardiaque. Cette activité physique régulière permet de diminuer aussi l’évolution de la maladie et la nécessité de réhospitalisation en diminuant les épisodes de décompensation.

 


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© 16 janvier 2009